Connaissez-vous Alaa El Aswany ? C'est un véritable phénomène, avec cent mille exemplaires de L'Immeuble Yacoubian vendus en quelques mois, un film en cours de tournage avec une grande mobilisation de moyens et d'acteurs célèbres. Très vite, poussé par la rumeur, le livre s'est répandu dans le monde arabe, a été traduit en anglais, et le voici aujourd'hui en français. L'auteur est un vrai Egyptien, enraciné dans la terre noire du Nil, de la même veine que Naguib Mahfouz. Il pose un regard tendre, affectueux, plein de pitié et de compréhension sur ses personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège. Il ne juge pas, mais préfère nous montrer les espoirs puis la révolte de Taha, le jeune islamiste qui rêvait de devenir policier ; l'amertume et le mal de vivre de Hatem, homosexuel dans une société qui lui permet de jouir mais lui interdit le respect de l'amour ; il nous fait partager la nostalgie d'un passé révolu du vieil aristocrate Zaki ; l'affairisme louche mêlé de bigoterie et de lubricité d'Azzam ; la dérive de la belle et pauvre Bous-saïna, tout cela à l'ombre inquiétante du Grand Homme, de ses polices et de ses sbires de haut vol comme l'appa-ratchik El-Fawli, et à celle non moins inquiétante d'un islam de combat, qui semble être la seule issue pour une jeunesse à qui l'on n'a laissé aucun autre espoir. Alaa El Aswany ne cherche pas le scandale. Il nous dit simplement que le roi est nu. Il nous montre ce que chacun peut voir autour de lui mais que seule la littérature rend vraiment visible. Nous comprenons un peu mieux comment va l'Egypte, certes, mais aussi comment va le monde et - peut-être également - pourquoi explosent les bombes...
C'est dans la mythique et sulfureuse ville de Chicago, dans le microcosme d'un département d'université, qu'Alaa El Aswany recrée une little Egypt en exil. Avec son art de camper de multiples personnages et de bâtir des intrigues palpitantes, il compose un magnifique roman polyphonique, entrecroisant des vies qui se cherchent et se perdent dans les méandres du monde contemporain, des existences meurtries d'avoir été transplantées dans un univers à la fois étrange et étranger. Alors que la visite officielle du président égyptien à Chicago est annoncée, le système policier de l'ambassade se met en branle pour protéger et rassurer une Amérique traumatisée par les attentats du 11 Septembre. Cette dimension politique confère au passionnant Chicago l'ampleur d'un roman choral propre à exprimer le monde dans la douceur de ses rêves comme dans la violence de ses contradictions. Né en 1957, Alaa El Aswany exerce le métier de dentiste dans le centre du Caire. Il a publié chez Actes Sud L'Immeuble Yacoubian (2006, porté à l'écran par Marwan Hamed), Chicago (2007) et J'aurais voulu être égyptien (2009).
Même vue de loin, des couloirs d'une université - d'une société - américaine amie-ennemie toute en contrastes, l'Egypte reste au coeur du nouveau roman d'Alaa El Aswany et de ses personnages, pris dans les contradictions de leur sentiment d'appartenance à un pays qui les exalte autant qu'il les déçoit. D'une lucidité implacable, l'auteur de L'Immeuble Yacoubian n'a rien perdu de son humour ni de son incoercible goût de la vie.
"Si je n'étais pas né égyptien, j'aurais voulu être égyptien", la célèbre citation de Mustapha Kamel donne le ton de ce recueil : voici l'Egypte placée sous le feu d'un écrivain amoureux de son pays et qui, par le détour de la fi ction, fait apparaître les turpitudes et les contradictions d'une société à la dérive. Interdit de publication par l'Office du livre, pour cause d'insulte à l'Egypte, le premier de ces récits, "Celui qui s'est approché et qui a vu", donne précisément à voir un monde où règnent les faux-semblants et l'hypocrisie. Par une cinglante et implacable ironie, pour décrire des êtres prisonniers de l'obscurantisme et de l'arbitraire, l'auteur fait exister sous nos yeux des personnages singuliers qui évoquent l'univers d'un Dostoïevski à l'ombre des pyramides. Tendres et cruels, ces récits foisonnent de fi gures magnifi ques qui nous font pénétrer un monde où l'imaginaire laisse une empreinte vive dans ce que nous croyons être le réel. Né en 1957, Alaa El Aswany exerce le métier de dentiste dans le centre du Caire. Son roman L'Immeuble Yacoubian, porté à l'écran par Marwan Hamed et publié en France par Actes Sud (2006, et Babel n° 843), est devenu un phénomène éditorial international. Alaa El Aswany est aussi l'auteur de Chicago (Actes Sud, 2007, et Babel n° 941).
À travers les péripéties politiques et intimes d'une palette de personnages tous liés les uns aux autres, du chauffeur au haut gradé, de la domestique musulmane au bourgeois copte, El Aswany livre le
El escritor egipcio de más exito regresa con una formidable novela ambientada en El Cairo antes de la caída de la monarquía y la descolonización. A finales de los años cuarenta del siglo pasado, los pachas y los miembros de la monarquia coquetean con los diplomaticos y la aristocracia europea bajo las aspas de los ventiladores del Automovil Club de Egipto. La extravagancia y la magnificencia de sus miembros inunda los lujosos salones y, mientras el despotico rey de Egipto y Sudan honra con su presencia la mesa de poquer, la plantilla de sirvientas y empleados del club vive atemorizada bajo la autoridad inflexible del ayuda de camara del monarca. Entre los trabajadores se encuentra Abdelassis Hamam, un burgues arruinado del Alto Egipto que llego a El Cairo con la esperanza de asegurar la educacion de sus hijos. Al igual que sus compañeros, ha soportado hasta ahora el despotismo y la injusticia del orden establecido sin ser consciente de que una minoria ha empezado a plantar la semilla de la insurgencia dentro y fuera de las paredes del club. Seran los hijos de Abselassis quienes deberan luchar por su futuro y tomar partido en un pais donde la opresion britanica tiene los dias contados. La critica ha dicho..."En El Automovil Club de