« "Vous n'avez jamais eu envie d'apprendre à lire ? lui demande Édith. - Si, j' commencé !", dit Fadila. Il y a quelques années elle a été inscrite à un cours, dans une paroisse, pas très loin de chez elle - elle ne sait plus le nom de l'église. "J'laissé tomber". La responsable du cours l'a rappelée plusieurs fois, insistant pour qu'elle reprenne. "Elle dit j'arrive presque". Les autres, au cours, ont toutes appris à lire. Fadila hausse les épaules. Est-ce que c'est la difficulté qui lui a fait lâcher prise ? Elle n'y arrivait pas ? Au contraire. "la dame elle dit j' tais celle il reconnaît le mieux les lettres". Elle montre en parlant, devant elle, du menton et de la main, comme un tableau noir. Mais le cours avait lieu le soir, et pas tout à côté de chez elle. Elle trouvait dur de ressortir après le dîner. » Découvrant que Fadila ne sait li lire ni écrire, Édith entrevoit à quel point la vie est compliquée pour un analphabète et combien c'est humiliant. Elle lui propose de lui apprendre à lire le français. Fadila n'est pas jeune. Édith n'est pas entraînée. L'apprentissage s'avère difficile. Ce qui semblait acquis un jour est oublié la semaine suivante. Si Fadila a tant de mal à progresser, c'est que sa vie entière est difficile. Ce n'est pas une marginale. Elle a une famille, un toit, du travail. Mais la violence a marqué son rapport aux autres, depuis l'adolescence. Elle a de la rancoeur contre son Maroc natal et, en France, elle ne se fait pas à la solitude. Elle vit dans une perpétuelle inquiétude. Édith, de son côté, se sent de plus en plus démunie dans cette aventure dont elle a pris la responsabilité et qui va l'entraîner beaucoup plus loin qu'elle n'aurait cru. Une amitié singulière, rugueuse et douce, amère, cocasse.
Il existe à travers le monde une légende presque universelle, selon laquelle on ne peut pas construire un monument si un être humain n''est pas sacrifié. Sinon, le bâtiment sécroule, et sécroule to
Septembre 1935. Robin sort de l'adolescence. Il est né après la mort de son père, comme de nombreux enfants de sa génération, venus au monde pendant la Grande Guerre. La vie politique est alors parti
Il y a aujourd''hui, en France, ou ailleurs, quelqu''un qui se trouvait au volant d''une Fiat Uno blanche sous le tunnel de l''Alma, peu apres minuit, le 31 aout 1997, quand la Mercedes de la princesse Diana l''a depasse en trombe, a racle sa voiture et s''est ecrasee sur un pilier, sous ses yeux. Ce quelqu''un ne s''est pas arrete en voyant l''accident, mais a depasse a son tour la Mercedes emboutie, a accelere et file. Les semaines suivantes, alors que toutes les polices recherchaient la petite Fiat dont on avait retrouve des debris de feu arriere sous le tunnel, et un peu de peinture blanche sur la carrosserie de la Mercedes, ce temoin numero un ne s''est pas signale. Et il a dissimule sa voiture de façon qu''on ne la retrouve pas. Il est peu probable que cet inconnu ait pu agir ainsi a l''insu de tous dans son entourage. Il y a donc sans doute quelques personnes aujourd''hui, en France, ou depuis longtemps loin de France, qui savent exactement ce qui s''est passe sous le tunnel de l''Alma, et qui s''etonnent chaque matin qu''on ne les ait pas encore retrouvees, ni elles ni la Fiat. A moins qu''elles ne soient mortes, ces personnes, l''affaire ayant brutalement inflechi le cours de leur vie.
La fundación de una librería parisina «única», llamada «La Buena Novela», desata pasiones, celos y hasta intentos de asesinato. Ivan «Van» Georg, antiguo vendedor de cómics, y la estilosa y seductora