« Clodo est là pour enseigner cette terrible vérité : la normalité est sans issue. Sous le masque bienveillant de nos démocraties se cache cette totalitaire injonction : Citoyen sera productif ou lentement, et sans bruit, mis à mort. Qu'on ne s'y trompe pas. La souffrance des pauvres et des fous est organisée, mise en scène, nécessaire. La République tout entière verse des larmes de crocodile à la mémoire de nos chers disparus de la rue. Clodo vivant embarrassait ; voici son cadavre, garanti pur misérable hypothermique, déclaré d'utilité publique. » Patrick Declerck.
«L'hélico dépose Frank dans une petite clairière. Autour, la jungle. Pas la forêt des Landes. Pas le bois de Vincennes. Non. La jungle... Celle de la chlorophylle en délire. Partouze de la botanique. Celle où tu vois même plus le ciel. Marche à pied, camping, le grand air... Sympa. À part les Viets, les mines, les pièges, les moustiques, les tiques, les sangsues, les serpents, les araignées et même une fois - fuck me! - un putain de tigre tellement près que Frank s'est pratiquement chié dessus. À part tout ça, sympa...» Onze nouvelles sur le fil du rasoir, à l'intention de ceux qui savent que l'Histoire est sans issue, l'espoir vain et ce monde insoutenable. Sans dieu ni maître, un manifeste du pessimisme joyeux.