La philosophie a pour vocation de penser l'impensable jusqu'à l'extrême frontière au-delà de laquelle le discours deviendrait impossible ; à partir de cette limite la poésie et la musique relayeraient la philosophie. C'est pourquoi l'auteur, dans tous ses livres, a étudié de préférence les formes les plus impalpables de ce qu'il appelle le Presquerien : l'ineffable musical (par exemple le charme chez Fauré et l'instant insaisissable chez Debussy), le je-ne-sais-quoi impondérable de l'innocence et de l'intention (Traité des vertus), la mort elle-même qui est l'indicible par opposition à l'ineffable du mystère amoureux, et enfin la Pureté. La pureté n'existe pas, au sens chronique, historique, local du verbe exister : psychologiquement personne n'est pur, c'est-à-dire sans mélange d'arrière pensées, d'arrière-intentions, de motivations égoïstes et de petits calculs. Et pourtant ce n'est pas une raison pour dire que ce presque-rien n'est rien : Fénelon et Kant nous confirment dans cette conviction. Je suis impur c'est-à-dire mélangé, analysable, descriptible à tout moment, en d'autres termes, concret. Et pourtant, dans un éclair instantané, l'évidence de la pureté reparaît quand je cesse d'en prendre conscience. Elle est l'objet de la pudeur. Anima, dit Claudel, cesse de chanter quand Animus ou la conscience consciente la regarde ; mais quand Animus cesse de regarder, Anima recommence à chanter.
Ficha técnica
Editorial: Flammarion
ISBN: 9782080810373
Idioma: Francés
Número de páginas: 400
Encuadernación: Tapa blanda
Fecha de lanzamiento: 24/11/2003
Año de edición: 1998
Plaza de edición: Paris
Especificaciones del producto
Escrito por Vladimir Jankélévitch
Vladimir Jankélévitch (1903-1985), fue un filósofo y musicólogo francés. Estudió filosofía en la Escuela Normal Superior, donde tuvo a Bergson como profesor. Enseñó en el Instituto Francés de Praga y ejerció de profesor universitario en Toulouse y Lille hasta la instauración del gobierno de Vichy.En 1941 se unió a la Resistencia francesa en Toulouse. Tras la guerra, y desde 1951 hasta 1978, ocupó la cátedra de Filosofía moral en la Sorbonne. Fue, además, un gran pianista y musicólogo, admirador de la obra de Frederic Mompou, que divulgó en Francia. Entre algunas de sus obras destacan Henri Bergson (1931), Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien (1957) y Le paradoxe de la morale.