au xvie siècle, l'espagne a brutalement conquis sur les portugais les îles enchantées de l'atlantique. la plus grande de ces îles est dominée par le peul, haut plateau volcanique noyé de brumes, aux pâturages et aux horizons infinis. les misérables bergers qui y vivent le haïssent, parce qu'ils sont riches, " ceux d'en-bas ", qu'ils appellent avec mépris " chiens des os ". les pauvres de paul s'opposent à l'occupant ; les riches d'en-bas s'en accommodent et profitent de son autorité, tandis que les juifs et les mores se tiennent cois pour échapper à l'inquisition, et que la couronne d'angleterre guette le moment de tirer parti des dissensions locales pour s'emparer de l'île. complots, coups de main et attentats se multiplient, attisés par les machinations d'un agent secret brillant et cynique. mais l'amour d'une jeune fille de paul pour l'un des protagonistes, avec ces conséquences tragiques, réduira à néant bien des ambitions... un ricanement féroce parcourt ce nouveau récit de bernard du boucheron, et si l'espèce humaine, sous sa plume, n'apparaît pas au meilleur de sa forme, on prend un plaisir extrême au commerce de son style impeccable, à la fois nerveux et glacial.
Peu avant la guerre de 1914, un jeune lieutenant de cavalerie, Hugo de Waligny, participe régulièrement à des chasses à courre, où il brille par son courage physique et sa maîtrise de l'équitation. Il y rencontre Aella, jeune fille réputée pour son tempérament indomptable, ainsi que pour sa passion de l'argent et des hommes. Une rivalité sans merci va l'opposer au piqueux Jérôme Hardouin, dit Coup-de-Fouet, comme lui veneur et cavalier hors pair. L'affrontement des deux hommes trouvera un prolongement inattendu et terrible avec l'arrivée de la guerre... Coup-de-Fouet décrit une société régie par des rapports où la violence se mêle à la sensualité. Tranchante comme une dague, l'écriture de Bernard du Boucheron va droit au but, à l'instar de ses personnages. En toile de fond, l'univers de la chasse à courre offre une métaphore puissante de la vie, avec son mystère, sa brutalité, sa noblesse, sa poésie sauvage. On retrouve ici les qualités exceptionnelles qui avaient fait le grand succès du roman précédent.
Un petit peuple issu d'Europe s'est établi " au Nord du monde ", dans une solitude glacée où il s'acharne à survivre. Mais, au fil des siècles, les communications s'espacent, puis s'interrompent. L'oubli et l'abandon menacent. Court Serpent est le navire spécialement commandité et construit selon un savoir ancestral, à la fin du XIVe siècle, pour aller à la recherche de cette communauté perdue et lui porter secours. L'abbé Montanus, chargé de conduire l'expédition, de relever le diocèse et d'y ranimer la foi, raconte les épreuves inouïes qu'il a dû affronter pour parvenir au but. Son récit est aussi celui d'une aventure politique et spirituelle, que traverse un amour sacrilège. Il donne la clé de cette aventure fascinante dont débattent encore aujourd'hui historiens et archéologues.